32è COMMÉMORATION DU GÉNOCIDE CONTRE LES TUTSI DU RWANDA « SE SOUVENIR, S’UNIR, RECONSTRUIRE ENSEMBLE ».

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janvier 7, 2024
Origine

Until recently, there was no term to designate the crimes now grouped under the concept of genocide. In 1943, to denounce the massacres of Jews by the Nazis, Winston Churchill spoke of a « crime without a name. » It was Raphael Lemkin, an American lawyer of Polish Jewish origin, who coined the word genocide in 1944. The root of the term comes from the Greek word genos , meaning species, and the Latin suffix -cide, from caedere , meaning to kill. It can be compared to certain words also containing the suffix -ide, such as homicide and fratricide.

Signification
« By genocide, we mean the destruction of a nation or an ethnic group. » Source: Revue d’Histoire de la Shoah: https://www.cairn.info/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah-2008-2-page-511.htm Raphaël Lemkin …genocide means any of the following acts committed with intent to destroy, in whole or in part, a national, ethnic, racial or religious group, as such: (a) Killing members of the group; (b) Causing serious bodily or mental harm to members of the group; (c) Deliberately inflicting on the group conditions of life calculated to bring about its physical destruction in whole or in part; (d) Imposing measures intended to prevent births within the group; (e) Forcibly transferring children of the group to another group. United Nations (UN)
Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide adopted on December 9, 1948. Source: Montreal Holocaust Museum: Together Against Genocide: http://genocide.mhmc.ca/fr/ It is worth noting that Lemkin’s contribution and the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide led to the creation of the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia (ICTY, 1993) and the International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR, 1994). The UN definition of genocide, the result of lengthy negotiations among member states, is not universally accepted and is difficult for many to understand. Thus, in the case of the genocide perpetrated against the Tutsi of Rwanda, executioners and victims have their own definition of genocide. The perpetrators used the coded term Gukora = to work to refer to the enterprise of exterminating the Tutsi. Tuzabatsembatsemba = we will exterminate you or we will exterminate them, was the war cry of the perpetrators throughout the genocide. Genocide survivors
“Genocide is when humanity turns its back on you: When, before your very eyes, friends, acquaintances, husbands, and wives turn into killers; When your heart bleeds because you no longer have a neighbor to help you while your agony lasts for months; When your humanity is denied you; When children are killed while dogs are evacuated; When no one considers your disillusionment the day you discover they watched you being hacked to pieces with a machete.” Source: Annick Kayitesi-Jozan, Even God Doesn’t Want to Get Involved . Annick Kayitesi-Jozan “…I like to compare genocide to cancer… everyone who knew Rwanda in 1994, whether closely or remotely, has had this disease, this cancer of genocide… We know we’ll live with it, that it will never go away.” Source: Project carried out by Page-Rwanda: Meeting of Genocide Survivors. Frédéric Mugwaneza
Étape du génocide
« We have learned important lessons. We know more keenly than ever that genocide is not a single event but a process that evolves over time, and requires planning and resources to carry out. As chilling as that sounds, it also means that with adequate information, mobilization, courage and political will, genocide can be prevented. » Secretary-General Ban Ki-moon at the New York launch of Kwibuka20 , the 20th commemoration of the Rwanda genocide.
Clarification Given that the 1994 genocide in Rwanda was not perpetrated against the entire Rwandan people but specifically against the Tutsi, it is crucial to reiterate that the following terms, often used, are inaccurate or incomplete: « Rwandan genocide  « ;  » genocide in Rwanda « ;  » genocide of Rwanda « ;  »  1994 genocide in Rwanda « ; etc. The terminology « genocide of the Tutsi, » which is potentially misleading, should also be avoided, as some might interpret it as genocide committed by the Tutsi. The only accurate terminology, recognized by the United Nations General Assembly, is:  »  1994 Genocide against the Tutsi in Rwanda  »   (in English). In short, in French we will say:  » Génocide contre les Tutsi au Rwanda   » and in English:  »  Genocide against the Tutsi in Rwanda   » . Source: UN Resolution: A/72/L.31 International Day of Reflection on the 1994 Genocide against the Tutsi in Rwanda. According to Gregory H. Stanton, professor, researcher, and writer on genocide, genocide follows a complex but predictable process. He identified 10 stages in the development of genocide that do not necessarily follow a rigid order but can coexist and overlap. Source: http://genocidewatch.net/ ; http://genocide.mhmc.ca/fr/

Les dix étapes d'un génocide

  1. Classification
  • Catégories pour distinguer les gens entre « nous et eux » par la nationalité, la race, l’ethnie, la religion, etc.
  • Rwanda : Distinction entre Hutu, Tutsi, Twa par les cartes d’identité. Le 1er janvier 1932, la Belgique, qui a reçu de la Société des Nations le mandat de gouverner le Rwanda-Urundi en 1924, introduit des cartes d’identité à caractère ethnique distinguant Hutu, Tutsi et Twa. Ces cartes seront largement utilisées par la première République (1962-1973) et la deuxième République (1973-1994) pour promouvoir une idéologie raciale et raciste au Rwanda. Source : http://unictr.irmct.org/en/genocide
  1. Symbolisation
  • Identification des gens par des noms : Allemands vs Juifs; Hutu vs Tutsi vs Twa; distinction par des vêtements, des couleurs, des symboles.
  • Rwanda : Identification par l’apparence physique, la taille, la forme du nez.

La classification et la symbolisation se retrouvent dans toutes les sociétés. Elles deviennent problématiques quand elles conduisent à la déshumanisation

  1. Discrimination
  • Le groupe dominant utilise la loi et le pouvoir pour refuser aux groupes ciblés leurs droits.
  • Rwanda : Discrimination des Tutsi en éducation, dans la fonction publique, l’armée et la police. Certains qualifiaient les Tutsi d’étrangers dans leur propre pays.
  1. Déshumanisation
  • Par des tactiques de déshumanisation, déni de l’humanité du groupe victime assimilé à des animaux, des insectes ou des maladies. La propagande haineuse incite le groupe dominant à considérer les membres du groupe ciblé comme étranger et sous-humain.
  • Rwanda : Les « media de la haine » décrivent les Tutsi comme des serpents, des cancrelats, des maladies. Pendant le génocide, la Radio-télévision des mille collines (RTLM) répétait inlassablement : « Tuez tous les cancrelats ». « Si cette maladie n’est pas traitée immédiatement, elle détruira tous les Hutu ».
  1. Organisation
  • Planification du génocide généralement par l’état qui utilise le pouvoir politique, l’armée, les milices, etc.
  • Rwanda : Formation, entraînement et armement de la milice « Interahamwe ». Fourniture en catimini des armes, principalement des machettes à des Hutu.
  1. Polarisation
  • Amplification des différences entre les groupes par une propagande de haine polarisante.
  • Rwanda : Les « media de la haine » véhiculent une idéologie raciste virulente (voir les 10 commandements du Hutu du Journal Kangura); démonstrations de force des milices « interahamwe» qui molestent impunément les Tutsi.
  1. Préparation
  • Identification des victimes; obligation de porter des symboles; préparation des listes de mise à mort; mise en place des structures du génocide.
  • Rwanda : Constitutions des équipes d’auto-défenses civiles pour lutter contre l’ « ennemi »; mise en place des barrières; obligation de porter sur soi la carte d’identité.

 

  1. Persécution
  • Mise à part des victimes en raison de leur identité ethnique ou religieuse; expropriation des victimes; déplacement forcé des victimes; perpétration d’actes de génocide pour tester la réaction de la communauté internationale.
  • Rwanda : Identification des maisons des victimes; regroupement des victimes dans des lieux publics tels les églises, les bureaux communaux de l’administration; appropriations des biens des victimes « kubohoza»; actes de génocide aux barrières.
  1. Extermination
  • Début des massacres qui deviennent vite des meutres de masse appelés génocide. Les génocides sont très souvent commis par les états. Les viols sont utilisés comme une arme de guerre. Les viols de masse de femmes et de filles sont une caractéristique de tous les génocides modernes. Un contexte de guerre peut masquer le caractère génocidaire des massacres.
  • 7 avril 1994, début du génocide contre les Tutsi. En 100 jours, les agents administratifs, l’armée, la gendarmerie, les milices avec la participation active d’un bon nombre de Hutu ordinaires, hommes et femmes, ont massacré sans pitié 1 074 017 Tutsi de tout âge. Source : Rapport du ministère rwandais de l’administration du territoire publié en juillet 2000.
  • Le viol des filles et femmes tutsi a été pratiqué à grande échelle et il a été utilisé comme arme de génocide. Kubohora est le terme codé utilisé par les bourreaux pour nommer ces cas de viols et violences sexuelles. Le viol d’hommes et de garçons aurait aussi été pratiqué par certains bourreaux, mais il reste à documenter. Pour la première fois, 2 septembre 1998, dans le jugement historique de Jean-Paul Akayesu, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a reconnu le viol comme crime de génocide.
  • La période du génocide est souvent faussement désignée par les gens comme une période de guerre car le génocide est survenu dans un contexte de guerre commencée le 1er octobre 1990 par le Front patriotique rwandais (FPR) contre le gouvernement rwandais. On entend souvent dire : « Pendant la guerre » au lieu de : « Pendant le génocide ».
  1. Déni :
  • Négation du génocide, le déni est présent pendant et après le génocide. Manifestations du déni : refuser toute responsabilité, faire disparaître les preuves, blâmer la guerre, rejeter la faute sur les victimes.
  • Rwanda : dénégation de participation au génocide, complicité pour cacher la vérité, refus d’indiquer où sont les corps des victimes, tentatives de faire croire à un double génocide, refus de participer aux commémorations, refuser d’utiliser la terminologie «génocide contre les Tutsi du Rwanda », pour utiliser des termes vagues, comme tragédie rwandaise.