32è COMMÉMORATION DU GÉNOCIDE CONTRE LES TUTSI DU RWANDA « SE SOUVENIR, S’UNIR, RECONSTRUIRE ENSEMBLE ».

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août 20, 2024

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Chronologie de l'histoire du Rwanda et de la persécution des Tutsi au Rwanda

1884-1885

Le Rwanda fut annexé diplomatiquement à la colonie allemande dans le cadre du partage de l’Afrique à la Conférence de Berlin.

1890

Le Rwanda prend officiellement le titre de Protectorat de l’Afrique Orientale Allemande (Das deutsch-ostafrikanische Schutzgebiet).

1897
Mars

le capitaine Hans Ramsay, chef de la « station Udjidji », établit les rapports politiques avec la Cour du Rwanda et ce de manière pacifique. Pendant la colonisation de l’Afrique, c’était une station coloniale allemande sur le lac Tanganyika. C’est ville située sur la rive orientale du lac Tanganyika, aujourd’hui intégrée à Kigoma, en Tanzanie. Historiquement, c’était une position stratégique face au Congo belge, sur un axe de commerce reliant l’intérieur de l’Afrique à la côte de l’océan Indien.

1900
Février

Mgr J. Hirth, missionnaire d’Afrique ou Père Blanc et vicaire apostolique du vicariat du Nyanza méridional arriva à la cour du Rwanda à la tête d’une délégation de trois missionnaires et de nombreux auxiliaires étrangers. Il fonda la première mission catholique du pays, à Save dans le Bwanamukari, et entreprit le mouvement d’évangélisation du pays. Save est une petite ville et un secteur administratif du district de Gisagara, dans la province du Sud du Rwanda.

1907

Dr Jan Czekanowsky, ethnologue Polonais de la Commission d'Etude du Duc Fréd. Adolphe de Mecklemburg établit des différences morphologiques attribuées aux trois « races » hutu, tutsi, et twa, à la suite de centaines d'expériences dans plusieurs régions du Ruanda, et en particulier à Nyanza. Ces études pseudoscientifiques contribueront plus tard a la stigmatisation et persécution des tutsi jusqu’à leur génocide de 1994. Le duc Adolphe Frédéric de Mecklembourg, homme politique colonial et scientifique, dirigea une expédition de recherche scientifique dans la région de l’Afrique centrale. Il invita le Dr Jan Czekanowski, considéré comme un grand anthropologue, à se joindre à une expédition de recherche (1907 – 1909) en Afrique centrale, incluant le Rwanda. 

Le 15 Novembre 1907 : le médecin allemand d’origine juive Richard Kandt fut nommé « Résident Impérial du Rwanda ».

Le 15 Novembre 1907, le médecin Richard Kandt (alias Kanayoge) installé à Shangi (surnommé Bergfrieden), ensuite à Gakira dans le Nyantago , allemand d’origine juive, qui avait sillonné le pays depuis 1898 se livrant à des études en naturaliste (botanique, géologie, etc.) fut nommé « Résident Impérial du Rwanda ».

1916
Mai

Les troupes belges combattantes qui avaient chassées les troupes allemandes furent remplacées par les troupes d’occupation au Rwanda.

1917
Avril

Le major Declerck (surnommé Majoro) fut désigné en qualité de Résident du Rwanda. Il arriva à Kigali le 30 mai avec la mission d’apaiser le roi Musinga et de lui redonner son autorité.

1919

le major Declerck fut remplacé par F. Van Den Eede (alias Sebiziga), premier résident civil belge. L’administration civile se maintiendra au sein d’un régime d’occupation militaire qui a pris fin pratiquement en 1926.

1922

Mgr Léon Classe (1874-1945) Père Blanc de nationalité française, est nommé Vicaire Apostolique du Vicariat du Rwanda. Il remplace Mgr John Joseph Hirth. Mgr Classe est connu pour avoir la politique raciste qui favorisait les Tutsi pour « leurs capacités innées de gouverner ». Son influence sur la politique coloniale belge au Rwanda est remarquable.

1924

L’institution national Itorero est aboli par l’administration coloniale belge. Dans le Rwanda précolonial, l'Itorero ry’Igihugu (ou Itorero national) était une institution éducative et un mécanisme par lequel le pays transmettait diverses instructions liées à ses valeurs culturelles. Il jouait également le rôle de forum national pour former les futurs dirigeants du pays. Depuis lors, l’ecole moderne – chrétienne et coloniale – commença à enseigner les théories racistes mettant en avant l’origine pseudoscientifique des tutsi, hutu, et twa et leurs différences morphologiques et culturelles.

1924
Octobre

Le 20 octobre 1924, le Parlement belge approuva le Mandat de type « B » sur le Rwanda. À partir de ce moment-là, le Rwanda passa du statut de « territoire occupé » à celui de « territoire sous mandat belge ». Les territoires classés Mandat de type B : jugés « moins avancés », nécessitant une tutelle plus stricte. Ils ne pouvaient pas avoir d’autonomie politique immédiate. L’administration était confiée à une puissance coloniale, qui devait interdire l’esclavage, le commerce des armes et de l’alcool, mais pouvait exploiter les ressources. 

1925

Abolition des institutions « ubwiru » et « umuganura » par l’administration coloniale belge. Dans le Rwanda précolonial, « ubwiru » faisait référence à un système de rites sacrés, de connaissances secrètes et de pratiques religieuses réservés aux initiés, notamment les prêtres (abiru) qui servaient la cour royale. « Umuganura » était (et est de nouveau aujourd’hui) une fête rituelle nationale du premier fruit de la récolte, une sorte de "fête des moissons" célébrée chaque année.

1930
Octobre

Les Belges mirent en place des cartes d’identité appelées « Ibuku », qui comportaient les informations suivantes : l’appartenance au clan, l’état civil, les noms des parents, la zone de résidence ainsi que la race, déterminée en fonction de la classe socio-économique de la personne (Tutsi, Hutu ou Twa). Plus tard sous la deuxieme republique la mention « race » deviendra « ethnie »

1931
Novembre

Mutara III Rudahigwa fut proclamé roi au nom du roi des Belges et intronisé le 16 novembre. Le roi Rudahigwa essaya de préserver l’unité des rwandais et combattit la ségrégation, ce qui lui attira les conflits avec les colons belges et les autorités de l’église.

1946

Le 27 octobre 1946 : Le décret du roi Mutara III Rudahigwa consacrant le Rwanda au Christ-Roi, à Nyanza, fit du christianisme, à travers l’Église catholique, la religion d’État. Toutes les autres pratiques religieuses traditionnelles furent interdites (Kubandwa, Guterekera, etc.).

13 décembre 1946 : en tant que puissance administrant le Rwanda dans le cadre du système de mandat de la Société des Nations, la Belgique et l’ONU conclurent un accord plaçant le Rwanda sous régime de tutelle le. Cet accord fut approuvé par le Parlement belge le 25 avril 1949.

1957

Quelques membres du Conseil Supérieur Pays (CSP) ont publié un document intitulé, “Une Mise au point”. Il était adressé à l’autorité coloniale et les demandes exprimées sont : un système éducationnel plus développé (avec une université), accorder plus de pouvoirs au roi et au conseil supérieur du pays, élaborer un véritable programme de développement économique et social et supprimer le racisme (entre blancs et noirs). 

Le 24 mars 1957 : le document intitulée “Le Manifeste des Bahutu ou Note sur l’aspect social du problème racial indigène au Ruanda » fixa d’emblée le débat politique sur un seul aspect du différend colonial, celui des relations entre les Hutu et les Tutsi ou plus précisément l’exploitation des Hutu par les Tutsi depuis des siècles, oubliant complètement les nombreux problèmes politiques et socio-économiques, partagés par la très grande majorité des Rwandais et surtout les responsabilités de la Tutelle et de l’Eglise catholique dans la cristallisation des rapports entre Hutu et Tutsi.

1959
Juillet

Le roi Mutara III Rudahigwa est décédé subitement à Bujumbura.

1959
Novembre

Cet homme est monsieur Gitera Habyarimana Joseph, le premier auteur de Dix Commandements des Hutu publie en 1959 ? il est aussi fondateur du parti APROSOMA.

1er novembre 1959 : une flambée de violence — qualifiée par certains de « révolution » — éclata contre les Tutsi et les membres de l’UNAR, encouragée par le pouvoir colonial et l’église catholique à travers les membres du PARMEHUTU et de l’APROSOMA. Des centaines de milliers de tutsi se réfugient aux pays limitrophes.

1961

Le 28 janvier 1961 : Eut lieu le coup d’État de Gitarama soutenu par l’administration coloniale. Plusieurs décisions y furent prises, notamment l’abolition de la monarchie, la proclamation de la république et la nomination de Dominique Mbonyumutwa comme premier président, tandis que Grégoire Kayibanda restait Premier ministre.

Le 26 octobre 1961 : Grégoire Kayibanda fut élu et confirmé en tant que président de la Première République du Rwanda.

1962
Juillet

Le 1er juillet 1962 : l’indépendance de la république du Rwanda.

Mars 1962 : Avait lieu les massacres de représailles de milliers de tutsi et hutu membres de l’UNAR.

1963
Decembre

Massacres de dizaines de milliers de tutsi de l’intérieur du pays – entre 25,000 et 35,000 – dans toutes les préfectures planifies et perpétrés par le gouvernement suite aux attaques des exiles tutsi qui voulaient revenir au pays par la force. Plusieurs médias occidentaux avaient caractérisé ces massacres de « génocide ».

1964
Mars

Discours du Président Grégoire Kayibanda aux réfugiés rwandais tutsi les menaçant de génocide s’ils continuaient à attaquer le Rwanda.

La culture de l’impunité a joué un rôle majeur dans la participation massive de la population hutu à l’exécution du crime. L’engagement actif aux tueries constituait une fierté et les personnes qui s’opposaient à l’idéologie d’extermination, étaient considérées comme des traîtres à la cause hutu.
Le 20 mai 1963 le Rwanda a promulgué une scandaleuse loi qui consacrait l’impunité pour les assassins des Tutsis.
Cette loi accompagnée de discours de haine des politiciens, avait fait comprendre aux paysans ordinaires que tuer un Tutsi était méritoire, pas un crime répréhensible.

1966
Février

Le président Grégoire Kayibanda promulgue une loi qui refuse aux refugies tutsis de revenir dans leur propre pays, et saisi leurs biens et propriétés pour le compte des dignitaires de son régime.

1972
Février

26 février 1973 :
Les massacres des Tutsis ont été préparés et coordonnés par le gouvernement de Kayibanda.
Quelques preuves :

  • Les affichages des listes des fonctionnaires tutsi - « indésirables » ont eu lieu à la même date, dans la nuit du 26 au 27 février 1973; 
  • L’ordre de quitter l’établissement était formulé partout de la même manière ;
  • Aucune préfecture n’a été épargnée et toute la population - tutsi a été touchée ;
  • Aucun responsable du gouvernement, d’une école, d’un - établissement étatique ou paraétatique n’a désapprouvé cet acte : tout le monde a gardé le silence.
1973

1 aout 1973 : La politique dite d’«équilibre ethnique et régional » fut renforcée sous la présidence de Juvénal Habyarimana. Alors que, sous le président Kayibanda, elle se traduisait principalement par une discrimination dirigée contre les Tutsis, Habyarimana y ajouta une dimension régionale. Cette politique excluait systématiquement les plus compétents de l’accès à l’enseignement, à l’armée, à la gendarmerie ainsi qu’aux postes auxquels ils pouvaient légitimement prétendre. Elle marginalisait non seulement les Tutsis, mais aussi les Hutus issus de préfectures autres que celles de Gisenyi et de Ruhengeri.

1982

L’Ouganda expulsa les réfugiés rwandais. Le gouvernement rwandais les rejeta. Cette injustice parmi tant d’autres, conduisirent à la formation du Front Patriotique Rwandais (FPR) en décembre 1987, et au déclenchement de la lutte de libération nationale.

1990
Octobre

Le FPR déclencha une intervention armée contre le régime de Habyarimana pour résoudre le problème de refugiés et d’autres problèmes politiques.

4 au 5 octobre 1990 : l’armée rwandaise mit en scène une fausse attaque du Front Patriotique Rwandais (FPR) dans la capitale, Kigali. L’armée rwandaise tira toute la nuit avec des armes automatiques en direction du camp militaire rwandais voisin afin de créer un prétexte pour procéder à des arrestations massives visant plus de 10 000 Tutsis à travers le pays. La plupart furent conduits dans des camps militaires et de gendarmerie, où ils subirent la torture ainsi que des traitements inhumains et dégradants destinés à les contraindre à avouer des crimes qu’ils n’avaient pas commis.

1992
Novembre

Discours incendiaire du professeur Léon Mugesera, dignitaire du régime de Habyarimana et haut cadre de son parti politique, dans lequel il incitait les Hutus à massacrer tous les Tutsis et à les envoyer en Abyssinie par la rivière Nyabarongo.

1993
Mars

La Fédération internationale des droits de l’homme publia le Rapport de la Commission internationale d’enquête sur les violations des droits de l’homme au Rwanda depuis le 1er octobre 1990, qui documente les massacres de milliers de Tutsis civils perpétrés par les autorités rwandaises et une partie de la population hutue dans les régions de l’Umutara, de Ruhengeri, de Gisenyi et du Bugesera, en représailles à l’intervention armée du FPR. La commission discutait déjà si les tueries pouvaient etre qualifiées de « génocide ». Leur conclusion dit ceci : 

« Certains juristes estiment que le nombre de tués est un élément d'importance pour que l'on puisse parler de génocide. Les chiffres que nous avons cités, certes considérables pour le Rwanda, pourraient, aux yeux de ces juristes, rester en deçà du seuil juridique requis. 

La Commission estime que, quoi qu'il en soit des qualifications juridiques, la réalité est tragiquement identique : de nombreux Tutsis, pour la seule raison qu'ils appartiennent à ce groupe, sont morts, disparus ou gravement blessés et mutilés ; ont été privés de leurs biens ; ont dû fuir leur lieu de vie et sont contraints de se cacher ; les survivants vivent dans la terreur. »

1994
Avril

Crash d’avion présidentiel du président Habyarimana où il mourut avec certains de ses proches et tout l’équipage.

7 avril 1994: Début du génocide contre les tutsis du Rwanda.

4 juillet 1994: Le FPR-Inkotanyi défait le gouvernement génocidaire et arrêta les massacres.